Anthony Martial, chronique de débuts réussis.

Old Trafford en ce 15 septembre se revêtit d’une tunique si élégante, gracieuse et raffinée, alliant de la plus belle des manières ces teintes rouge et blanche, parsemées sous la houlette du Sir Alex Ferguson Stand et de Stredford End. Cette musique retentissant au sein de cet antre mythique, ayant accueilli tant de grands matchs européens et retrouvant enfin son logis favoris. L’occasion est belle pour s’offrir moultes folies parmi lesquelles Morgan Schneiderlin, Memphis Depay ou encore le jeune ex pensionnaire du rocher : Anthony Martial.

La somme est faramineuse et en dit long sur la dérégulation économique actuelle que connaît le football mondial. Cette journée du 31 août, sonnant le glas du mercato estival, se voit marqué par bon nombre de spéculations quant au futur du joueur formé aux Ulis, éclipsant même au second plan l’arrivée de Draxler à Wolfsburg et mettant fin à son feuilleton avec la « vielle dame » . Fraichement appelé en Équipe de France, le joueur se voit accorder une permission par le biais d’un communiqué de la part de la fédération, qui lui permettra de peaufiner les ultimes détails de son contrat avec Manchester United. La somme investie par les Mancuniens subsistera pendant plusieurs jours comme la principale interrogation, on évoque la bagatelle de 50 millions immédiats avec 30 millions de bonus. Rybolovlev fraîchement divorcé, en salive d’avance.

La presse anglaise s’emballe et s’interroge avant de critiquer fermement la décision du club de placer une telle somme sur un joueur dont les 19 printemps ne sont gage d’assurance pour un secteur offensif qui peine à faire trembler les filets. Les « Unes » des principaux quotidiens sportifs du Royaume se déchaînent, du « What a waste of money » pour le Mirror ou encore « Madchester » du Daily Mail, les amateurs de galéjades et calembours britannique sont servis.

Symbolique de la première fois.

Les rageux apprécieront.

Martial sait choisir les bons jours, les bons moments, surgir du banc avant de faire lever un pan de stade, à l’image de ce scénario magique, saisissant les spectateurs – a défauts de membres du kop – d’Old Trafford en ce 12 septembre. Manchester United accueille Liverpool, rival historique, dans son enceinte pour le compte de la 5èmejournée de Premier League. Les messages à l’effigie de Martial font foison dans les travées du stade, les supporteurs affichent leur patience vis a vis du gamin en leur signalant tout leur soutien. Martial assiste à la scène sur le banc, comme pour s’imprégner de ces atmosphères si singulières que l’on ne retrouve qu’outre manche. Le début de match est brouillon et confus, les 22 acteurs attendent de voir ce môme des Ulis se mouvoir sur le pré du Théâtre des rêves. Louis Van Gaal attend la 66ème minute avant de lancer son poulain, après quelques interventions sans grandes convictions mais toutefois intéressantes, Martial se saisit du ballon coté gauche, s’infiltre au sein de la défense des « Reds » tout en saluant l’ami Skrtel, avant de mystifier Mignolet d’un plat du pied, vrai gage de sécurité. Les travées du stade s’enflamment, Martial célèbre son œuvre en saluant les tribunes affichant un grand sourire comme pour clore ce débat autour de son prix dont les médias se délectaient de traiter.

Ce but scellant la victoire 3-1 des Mancuniens dans ce derby, entraine un renversement de veste total de la part des médias britanniques, autrefois remis en question, Anthony Martial est désormais adulé et ce ne sont pas ses performances suivantes qui écorneront ce nouveau statut avec en point d’orgue le titre de meilleur jouer de Premier League du mois de septembre. Excusez du peu. Aligné en pointe, il est désormais l’un des joueurs offensifs clé dans ce secteur offensif moribond de Manchester United ou Rooney et Memphis Depay semble loin de leur précèdent niveau. Anthony Martial, le chasseur de nuages et unique lanterne de ce crachin du nord de l’Angleterre.

Un revirement à gauche.

Ces performances de haute volée lui permettent de se voir de nouveau appeler en équipe de France et de prendre part aux deux matchs amicaux du mois d’octobre. Lors de ces matchs contre l’Arménie et le Danemark, Martial se voit auréolé de deux passes décisives et un apport offensif sur son coté gauche qui depuis le départ de Ribery ne se faisait plus sentir. Deschamps semble enfin avoir trouvé son joueur de couloir depuis le revirement dans l’axe d’Antoine Griezmann sous l’égide d’El Cholo, et laissera Martial à gauche afin de lui proposer une nouvelle alternative offensive.

Louis Van Gaal ayant eu l’écho des performances de son poulain sur le coté gauche de l’attaque, prend une décision. Ni une, ni deux, il renverse son joueur, le plus prolifique et qui tenait a lui seul l’équilibre et la triste animation offensive des Mancuniens pour le faire jouer à gauche, poste nécessitant un retour défensif et dont son apport se voit limité. Logique décidément implacable de permuter son joueur le plus décisif à un poste où il se voit désormais limité, du Louis Van Gaal dans les grandes lignes, rien de très étonnant en somme.

Cherchant en vain une nouvelle formation, capable de pérenniser son effectif et d’exploiter au mieux ses joueurs, Louis Van Gaal, alterne les formations, du classique 4-3-3 s’alternant selon les phases en 4-2-3-1 ou encore au fantasque 3-4-1-2 déployé contre le surprenant leader et son artificier Jamie Vardy, les joueurs se voient en permanence bousculés, et aucune logique sur le long terme ne semble réellement éclore. Après tant d’argents investis, la problématique de la stabilité se voit être discuté et le style Van Gaal remis en cause. A quoi bon faire un match complet et d’une qualité supérieure à Goodison Park avant de faire un piteux match nul sur les terres de Vladimir Poutine face au fugace Doumbia.

Et maintenant ?

 

La problématique de son poste et de sa rentabilité se pose désormais, ou est-il préférable de l’aligner, jouer en pointe avec les Mancuniens et sur le flanc gauche avec l’équipe de France, cela peut-il être une solution viable ? Doit-on le laisser en électron libre, le débat autour de Benzema et Valbuena qui secoue actuellement les bas-fonds de la classe hautement intellectuelle française peut-il changer la donne, Griezmann aligné en pointe par Simeone et dont le rendement ne fait plus l’ombre d’un doute peut-il être le grand gagnant de cette histoire. Tant de questions qui taraudent nos esprits à désormais 7 mois de cette échéance si importante qu’est l’Euro sur nos terres et dont Deschamps semble se préparer depuis fort longtemps. Un équilibre doit être trouvé. Gare à Martial de ne pas cracher pendant la Marseillaise, le débat pourrait se voir vite avorté.

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