L’homme qui fit découvrir les Pays-Bas à tout un pays (Portrait d’Hatem Trabelsi)

VOETBAL-AJAX-MUNCHEN

C’est l’histoire d’un gamin, natif de l’Ariana, au nord de la banlieue de Tunis. Un globe-trotter dans l’âme, dont la soif de découvertes et les performances sportives lui ont permis de marquer la Tunisie, les Pays-Bas, l’Angleterre avant un dernier périple sur les dunes saoudiennes de sa vivacité et de ses centres raffinées. Retour sur la carrière de cet homme, cet amoureux du couloir droit, fraichement radicalisé dans le salafisme au grand dam de tous ses fidèles, entre les tribunaux hollandais, ses passes décisives pour la belle crinière de Klaas Jan Huntelaar et sa présence dans une liste de 50 joueurs retenus pour le ballon d’or en 2003.

C’est au bord des rives du lac de Tunis que le jeune Hatem Trabelsi tape pour la première fois dans le cuir avec ses camarades de cité. « Un besoin inné », comme il le confiait dans ses rares interviews qu’il a pu confier à la presse. Une sorte « d’obligation naturelle comme celle de boire ou de manger », une passion dévorante qui lui fait découvrir jeune l’équipe espoirs Tunisienne avant de s’installer durablement avec la sélection tunisienne à l’orée de sa majorité.

Voyage en terre inconnue

Sa carrière débute au poste de buteur, vite avortée des suites d’une blessure pour se reconvertir en latéral, un poste qu’il apprécie particulièrement pour ses différentes facettes : « Je préfère de loin le couloir droit pour donner le meilleur de moi-même en défense et participer en même temps avec les attaquants ». Surnommé le « Cafu Tunisien », le joueur s’installe très vite dans l’effectif du CSS, « Club Sportif Sfaxien ». Il fait ses preuves en Ligue tunisienne en finissant à plusieurs reprises sur le podium. Ses 13 buts en 103 apparitions pour le club font de lui un latéral remarquable, aussi bien défensivement qu’offensivement, attirant les convoitises de l’Ajax Amsterdam, qui n’hésite pas à l’acheter pour trois fois rien, anonymat oblige.

Son passage à l’Ajax oscille entre matchs fringants, et poursuites du club devant la justice, des suites de plusieurs transferts avortées vers de grands clubs européens comme ceux du « Big four » en Angleterre ou la Juventus en Italie. Son image reste avant tout intacte auprès de la plèbe locale, ses succès avec le club néerlandais sont importants. Le bilan est glorieux, aussi bien collectivement qu’individuellement. Une nomination pour le ballon d’or en 2003, deux championnats et deux coupes des Pays-Bas remportés avec l’Ajax, le tout auréolé d’une campagne victorieuse avec la Tunisie lors de la coupe des nations en 2004 sur les terres de la Celtia. C’est dans ce club qu’Hatem s’impose comme étant l’un des meilleurs latéral au monde. Après 6 saisons passées à Amsterdam, le verdict tombe, le joueur ne souhaite pas prolonger son contrat et s’envole dans la foulée pour la ville de Manchester.

Le périple Anglais

hatemtrabelsi1Son transfert est officialisé par Manchester City le 10 août 2006, mais son contrat de travail ne peut être homologué que le 10 septembre. Après 4 premiers mois sans hauts faits particuliers, le derby de Manchester arrive et la scène se déroule à Old Trafford, dans l’antre du rival, Manchester United. En ce 9 décembre 2006, après avoir encaissé deux buts en laissant libre de tout marquage Wayne Rooney et en ayant raté sa passe en retrait au gardien, Hatem Trabelsi profite d’une incursion de Stephan Ireland coté droit pour récupérer le ballon à l’angle de la surface adverse. Hatem mystifie d’un crochet le serbe Vidic avant d’enchainer sur une frappe du pied gauche laissant Van Der Sar Inerte. Les filets tremblent, et c’est le premier but de Trabelsi sous les couleurs des Citizens. Ce but fut malheureusement l’un des seuls faits d’armes au sein d’un effectif médiocre de Manchester City finissant à la 14ème place de Premier League. Les dirigeants décident de dégraisser l’effectif, et Hatem Trabelsi n’est pas retenu, des contacts ont lieu avec Al Hilal, et le billet d’avion est vite pris pour le désert (footballistique) saoudien.

Tout d’un grand

 A l’image des plus grands, le joueur profite aussi d’un parachute doré qui lui est offert, il ne restera qu’un an en Arabie Saoudite avant de prendre sa retraite malgré une offre du Mans et de l’Olympique de Marseille et de revenir sur ses terres en Tunisie.

Ses nombreux débordements sur le terrain sont désormais reproduits dans son quotidien, entre trafics de drogue, conversion au salafisme, affaires de falsification, appel à l’adoption de la charia en Tunisie, une reconversion en somme semblable à celle de Nizar Trabelsi, reconverti dans le terrorisme, drôle de fin pour ce droitier de pied et d’esprit.

Adrien Le Noël / @AdrienLeNoel

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s